| Médias,
associations, politiques, artistes et voisins de quartier se sont donnés
rendez-vous le 11 janvier 2007 pour l'inauguration officielle et festive du Ministère
de la Crise du Logement. Cette ancienne succursale du CIC, bâtiment
bourgeois de 1000m2 dans le 2ème arrondissement de Paris avec vue sur la
Bourse, est vide depuis 3 ans et bénéficie de sanitaires à
chaque étage,chauffage, eau, électricité, moquette et ascenceur.
L’endroit n’a pas été choisi au hasard : rue de la Banque, à deux pas du Palais
Brongniart, un « symbole évident » pour les associations qui veulent notamment
dénoncer la spéculation immobilière. Le collectif : Macaq (Mouvement
d'Animation Culturelle et Artistique de Quartier) à l'origine de cette
initiative, le Dal (Droit au Logement), Jeudi Noir (contre le mal-logement)
soutenus par le CDSL (Comité des sans-logis) ont aménagé,au
rez-de chaussée et 1er étage du bâtiment, leur QG associatif
"rassembleur, ouvert, pragmatique et militant" contre la crise du logement.
Le 2ème étage est consacré à des artistes, les
3ème, 4ème et 5ème aux familles, et le 6ème au collectif
"Jeudi Noir" composé d'étudiants et de jeunes salariés dans l'incapacité de se
loger en raison du prix des loyers. Leur objectif commun est de
placer le dossier du mal-logement "au coeur du débat" des élections présidentielles
et proposer des solutions concrètes. Tous souhaitent prouver que leur
mobilisation ne retombe pas mais qu'au contraire elle s’élargit à toutes les formes
de mal-logement. "Les Don Quichotte ont fait un boulot formidable, mais
ce ne sont pas les 27 000 places promises (et seulement promises, pour l’instant)
par le gouvernement qui vont supprimer le mal-logement. Où vont aller les
86.550 SDF recensés par la Fondation Abbé Pierre ? Que vont devenir les 3 millions
de mal-logés, les millions de gens qui mettent une part croissante de leurs revenus
dans leur loyer ? Ceux qui vivent chez des amis, dans leur famille, dans des voitures,
des caravanes, à l’hôtel, à la ferme ? Est-ce qu’on a trouvé des solutions convenables
pour les travailleurs saisonniers ? Non. Alors on continue. " (Manuel
membre du collectif Jeudi Noir) Le ministère va rassembler au
rez de chaussée et premier étage un lieu de débat et de mobilisation
où des débats seront organisés tous les mardi et jeudi soir avec
des experts, des associations, des mal-logés, des politiques, des syndicats, un
centre de documentation sur la crise du logement, des permanences et
conseils juridiques pour mieux orienter toutes les personnes qui cherchent
un logement, un centre culturel de l’habitat (espace artistique), un
espace web et multimédia … et la cafèt du ministère ! Le collectif
compte également dresser un panorama de la précarité en filmant les témoignages
de ceux qui veulent dire un mot de leur situation, mettre en ligne leur histoire
(sur blog Liberation.fr), ou afficher leurs mots, leurs visages sur les murs du
ministère. Les militants du DAL souhaitent dès aujourd'hui que trois
actions d'urgence soient entreprises: 1) L'application de la Loi de réquisition
des immeubles vacants 2) L'ouverture des immeubles HLM vides et mûrés
dans l'attente de leur démolition qui se comptent par milliers en France. 3)
Le logement des familles dans des logements décents au prix du marché à la place
des hôtels miteux et des foyers indignes. Tous les administrés de ce
nouveau Ministère répètent à qui veut l'entendre qu'ils ne partiront pas
de cette ancienne banque avant d'avoir une solution concrète de relogement. A
partir de lundi 15 janvier, tous les candidats à la présidentielle, sauf ceux
d’extrême droite, sont invités à exposer leurs propositions. Si vous aussi,
vous vous sentez concernés, vous pouvez désormais soutenir le collectif
ou vous réunir au ministère de la crise du logement, pour partager vos diagnostics
et propositions, afin de venir à bout du mal-logement.
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