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Lépreux des temps modernes, en général on s'écarte
d'eux comme si la misère était contagieuse. Ils en sont blessés
à l'âme." (Extrait du livre "Et si
les Pauvres nous humanisaient" Ed Fayard) Engagé chez les Franciscains
à l'âge de 19 ans, Michel Collard découvre le monde de la grande misère grâce
au mouvement ATD Quart-Monde et partage la vie des sans-abri tant en France qu'en
Belgique. Quelques années plus tard, il quitte l'ordre franciscain et se marie
avec Colette qui, durant neuf ans, a exercé sa profession d'infirmière tout en
s'intéressant elle-aussi aux sans-abris.Ils empruntent ensuite ensemble un chemin
de dépouillement et de don de soi et se font les ambassadeurs du monde craint
et méconnu des exclus, de Liège à Bruxelles, de Lille à Marseille. Relation
humanisante et gratuite, ils se posent dans cet univers de grande solitude, dépressionnaire
et chaotique, comme une lueur d'espérance et un ciel ouvert vers une autre
forme d'existence. De par leur présence amicale,fraternelle et leur sincérité,
ils redonnent à leurs nouveaux amis un espoir en l'Humain et leur permettent
surtout d'exister et de se réconcilier avec la Vie. Ils se laissent
tout naturellement rencontrer et recevoir par eux et deviennent les hôtes des
sans-toi(t). Leurs deux ouvrages: "Quand l'exclu devient l'élu"
et "Et si les pauvres nous humanisaient" aux Ed Fayard sont passionnants
et très émouvants. Ils s'adressent à tous : passants confrontés
à la mendicité, professionnels sociaux ou associatifs, bénévoles engagés dans
l'accueil, responsables politiques. Leur lecture nous permet de sortir de
notre ignorance envers les sans-abri, de ne plus être des censeurs mais
d'apprendre à régulièrement évaluer nos attitudes
et nous repositionner en fonction du ressenti de l'autre. Pourquoi sommes-nous
toujours plus émus par le dénuement matériel des pauvres que par leur détresse
existencielle ? Plus enclins à être de véritables colonisateurs
en voulant résoudre à tout prix leurs problèmes plutôt qu'à entrer
en relation personnelle avec eux ? Qu'est-ce qu'aider vraiment ? ne plus
développer ou entretenir l'assistanat, mais déjà changer
notre regard, notre approche et notre relation à l'autre, à la personne en souffrance,
quelle que soit la nature de celle-ci. Avec force et lucidité, Michel
et Colette nous invitent à Humaniser la misère, à la déghettoïser
en transformant nos schémas de pensée, en réévaluant
nos attitudes personnelles ou collectives, en prenant conscience de nos à
priori et de nos blocages. Il nous suggèrent des réflexions et des
analyses nouvelles pour rencontrer ces hommes et ces femmes, les estimer, les
aider à prendre conscience de leur valeur personnelle, de leur véritable
identité et comprendre qu'ils ont faim avant tout d'une présence,
d'un respect, d'un intérêt, faim de retrouver une dignité,
faim de raison de vivre et d'utilité.
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